Comment savoir quand ça va trop loin ?

Tous les couples, même les plus amoureux, rencontrent un jour ou l’autre des difficultés. Parfois ça fait mal, on dit des choses dures, on s’énerve, on pleure, on crie. A partir de quel moment on peut savoir que ça va trop loin ?

Pour savoir à quel moment on passe de simples dysfonctionnements de couple à une relation d’emprise et de violences, lis ce qui suit.

Si tu penses être concerné.e ou que tu as des doutes, tu peux nous en parler sur le tchat !

Au fait, c'est quoi les violences ?

Quand on parle de violence au sein du couple, on pense souvent aux coups ; on entend d’ailleurs souvent parler de « femmes battues ». La violence physique peut pourtant se décliner de plusieurs manières : brûlures de cigarette, morsures, crachats au visage, étranglements, séquestration, conduite dangereuse au volant, etc.

Psychologique : Menaces, chantage, harcèlement, humiliations, rabaissement, etc.

Verbale : insultes (parfois à caractère sexuelles), cris, explosions de voix ou, au contraire, chuchotements menaçants, etc.

Sexuelle : forcer quelqu’un à avoir un rapport sexuel ou à faire une pratique sexuelle, embrasser de force, toucher la personne contre la volonté, obliger à avoir des rapports sexuels devant une caméra ou d’autres personnes, diffuser des photos intimes, etc.

Économique : utiliser tout l’argent de la maison sans en laisser à l’autre, interdire à quelqu’un de travailler ou au contraire, réquisitionner l’argent gagné par le/la partenaire, contrôler la moindre dépense…

Ces violences sont définies par la loi. Que tu sois avec ton copain/ta copine depuis 2 jours ou que tu sois mariée depuis 20 ans, tu n’as pas à subir de violences.

Femme amour fenêtre

Le cycle des violences

Les violences se produisent lorsque l’un des partenaires cherche à dominer l’autre, en exerçant des pressions qui conduisent à un climat de peur, de détresse et de grande confusion chez la victime.

On peut observer que la violence obéit toujours à un cycle, qui se répète au cours de la relation, et dont les phases deviennent de plus en plus rapprochées.

Phase 1

L’agresseur instaure un climat de tension avec des crises de colère, des silences pesants ou des regards menaçants. La victime commence à avoir peur, elle tente d’apaiser les choses et de modifier son comportement pour ne pas énerver l’autre.

Phase 2

Les violences commencent, sur le plan physique (gifles, coups, morsures, brûlures, séquestration), sexuel, psychologique, verbal et/ou économique. La victime subit les violences dans un climat de peur et d’injustice.

Phase 3  

L’agresseur trouve des excuses à son comportement. Les justifications sont très souvent liées à un élément extérieur (alcool ou drogues, énervement à cause de quelque chose ou de quelqu’un, travail stressant…). La victime essaye d’accepter ses justifications et l’aide à changer. Elle doute de la manière dont elle a perçu les choses et se sent coupable.

Phase 4

Cette phase correspond à un retour au calme apparent. L’agresseur dit qu’il va changer, se faire aider. Il peut faire des cadeaux, payer des vacances, se montrer doux, gentil et compréhensif. La victime salue ses efforts, essaye de changer son comportement, espère que cela va durer.

 

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Bien souvent, dans les situations de violences conjugales, ce cycle se répète : après la phase 4, la phase 1 revient et tout recommence.

Il est important de repérer si ce cycle se produit dans une relation pour savoir s’il y a des violences. Si tu penses être concerné.e, tu peux avoir des conseils dans la rubrique Dire Stop ou nous en parler sur le tchat !

Les stratégies de l'agresseur

Les violences dans le couple sont toujours intentionnelles : l’agresseur sait parfaitement ce qu’il fait, même s’il dit le contraire.

Parmi tous les cas de violences conjugales, on remarques que les conjoints violents ont en général la même façon de procéder avec leur victime.

Repérer cette stratégie permet de prendre conscience que l’on subit des violences. Si tu es concerné.e, tu verras que ce qui arrive n’est absolument pas ta faute : l’agresseur suit un plan qui lui permet de te dévaloriser et de te rabaisser jusqu’à ce que tu ne puisses plus du tout réagir.

Ci-dessous, les cinq étapes que suivent généralement les personnes violentes dans le couple.

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Etape 1 : Isoler

L’agresseur coupe la victime de ses repères et de ses habitudes. L’isolement peut être :

•    géographique : déménagement dans un autre quartier ou dans une autre ville, loin des repères habituels de la victimes
•    social : interdiction de voir les ami.e.s, les voisins, de sortir, de faire de nouvelles rencontres…
•    affectif : isoler la victime en lui disant que ses proches lui font du mal, qu’ils sont trop bêtes ou trop cultivés pour elle, qu’ils disent du mal dans son dos…
•    familial : faire en sorte que la victime s’éloigne de sa famille en la critiquant, en montant la victime contre les membres de son entourage, voire en lui interdisant de les voir…
•    professionnel : interdire à la victime de travailler, lui faire changer de travail…

A la fin, seul l’agresseur est un repère affectif pour la victime. Tout tourne autour de lui seul. La victime ne sait plus vers qui se tourner pour trouver de l’aide.

Etape 2 : Dévaloriser

L’agresseur humilie, dénigre, critique, insulte, affaiblit la victime, en utilisant les modes de violences décrits plus haut.

Etape 3 : Inverser la culpabilité

L’agresseur ne reconnaît pas qu’il a tort. Il s’excuse parfois, mais pas en disant qu’il a été violent et qu’il ne recommencera plus : au contraire, il transfère la responsabilité de la violence sur son/sa partenaire. Il dira alors des choses comme : « Oui c’est vrai, je t’ai frappé.e, mais tu m’avais énervé.e », « Tu as vu comment tu m’as parlé aussi ? », « Si tu me parlais moins fort, ça m’énerverait moins », ou encore « C’est parce que j’avais bu » ou « Tu sais comment je suis quand je suis défoncé ».

Il peut également transférer la responsabilité de la violence sur la victime, par exemple, en l’insultant et en la rabaissant jusqu’à ce qu’elle le gifle ; il fera comme si c’était sa faute s’il a riposté avec des coups. Il peut aussi faire semblant de ne pas se souvenir.

Il embrouille la victime pour qu’elle ne sache plus quoi penser.

Étape 4 : Instaurer un climat de peur et d’insécurité

L’agresseur se présente ensuite comme tout puissant : « Tu n’es rien sans moi », « C’est grâce à moi que tu en es arrivé.e là », « Je suis le plus fort, tu ne peux rien faire ».

Il la menace de nombreuses fois : par exemple en menaçant de faire du mal à ses proches ou à son animal de compagnie, en la menaçant d’être violent physiquement, en détruisant ses objets personnels ou en déchirant ses habits. Il passe parfois à l’action.

La victime est alors dans un état de terreur permanent. Elle a peur d’agir car elle a très peur d’aggraver les choses.

Étape 5 : Agir en mettant en place les moyens d’assurer son impunité

L’agresseur met le plus de personnes possible de son côté. En public, il se présentera comme charmant, bienveillant, souriant. Il dévalorisera subtilement la victime pour qu’elle ne soit pas crue si elle parle des violences. Par exemple, il dira qu’elle ment, qu’elle est hystérique, qu’elle est très fatiguée en ce moment, qu’elle a tendance à exagérer…

Si la victime a des personnes de son côté (frère, sœur, ami.e…), il fera en sorte de dévaloriser la parole de ses allié.e.s potentiel.le.s.

Il utilisera l’entourage de la victime pour se rendre indispensable et que les autres lui soient redevables, par exemple en offrant son aide, en demandant de l’aide, en offrant des cadeaux, en étant présent à des moments importants.

En faisant tout cela, l’agresseur empêche la victime de réagir. Il l’empêche de parler et d’être crue. Les violences deviennent secrètes, honteuses, alors que ça ne devrait pas être à la victime d’avoir honte.

Repérer ces étapes, croire la victime lorsqu’elle parle et ne pas se mettre du côté de son agresseur permet d’aider la victime à s’en sortir.

Comment distinguer conflit et violence ?

Tous les couples ont des disputes, plus ou moins violentes. Parfois on crie, on s’insulte, on se dit des mots qu’on regrette après, on se repousse brutalement. La violence commence lorsque l’un des partenaires fait peur à l’autre. Il/elle n’écoute pas, n’entend pas, ne se remet jamais en question.

Une dispute est normale et saine quand il est possible de faire comprendre son point de vue, de trouver des compromis. Dans une relation violente, le dialogue est impossible, l’autre est toujours en tort, quoiqu’il dise ou fasse. Les choses n’évoluent pas après la dispute. L’autre n’a pas la moindre place pour s’exprimer ou faire entendre son point de vue. Il/elle ne le peut pas parce qu’il.elle n’est jamais écouté, ni entendu.e.

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