Je suis témoin de violences

Si quelqu’un se confie à toi, il est important que tu puisses l’écouter et la soutenir. Il arrive que nous ayons certains réflexes face à l’horreur de la situation qui sont naturels mais qui peuvent lui faire du mal.

 

Lui dire

« Ce n’est pas ta faute, il n’avait pas le droit » et « Je te crois » : La stratégie de l’agresseur vise à embrouiller la victime et à lui faire croire qu’elle a mérité ce qui lui arrive en la culpabilisant et en lui faisant croire qu’elle ment ou qu’elle exagère. Elle peut avoir honte ou avoir peur : la déculpabiliser et la croire, c’est le premier pas pour l’aider à aller mieux et briser la stratégie de son agresseur qui vise à l’isoler.

« Je vais t’aider à trouver de l’aide » : être présent.e, accompagner ton amie chez le médecin ou dans les locaux d’une association, c’est un grand pas pour l’aider. Sache que les numéros d’écoute peuvent être utilisés par des proches pour avoir des conseils sur la manière dont ils/elles peuvent réagir.

« C’est super ce que tu fais ! Tu es vraiment courageuse ! » :  Une personne qui a connu les violences a une estime d’elle-même souvent très basse. Il est donc primordial de la valoriser et d’être dans son camp. Lui dire qu’elle est courageuse, qu’elle s’en sort super bien, qu’elle est belle, forte et géniale, ça fait beaucoup de bien !

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Ne pas lui dire

Ne pas lui dire :

« C’est normal, il était énervé/stressé/en colère » : les violences ne sont jamais normales et elles sont inexcusables. Les victimes ont tendance à minimiser ce qui se passe : quelqu’un qui en parle enfin exagère rarement. C’est même souvent l’inverse. Justifier les actes de l’agresseur, c’est une violence renouvelée pour la victime.

« Quoi, lui ? Mais ce n’est pas possible, il est si gentil ! » : les agresseurs établissent des stratégies bien rôdées qui visent à isoler la victimes et à se montrer insoupçonnables. C’est normal que tu n’aies pas forcément remarqué que ça n’allait pas, tout a été pensé pour ça. Si ton amie a eu le courage de parler, c’est qu’il se passe quelque chose de grave. Il est très important de la croire et de la soutenir.

« Courage, il va bien finir par s’arrêter » : les victimes espèrent toutes à un moment donné que l’agresseur va s’arrêter de lui-même. Cela n’arrive jamais. Ton amie a besoin d’aide, sinon elle ne serait pas venue te voir, et il est très dangereux de la laisser seule avec ce problème.

« Tu aurais dû me le dire plus tôt » : c’est très difficile de parler des violences. On espère toujours que ça va s’arranger, que ça va passer, que ce n’est pas si grave… En sortir peut prendre du temps, ton ami.e n’était peut-être pas prête avant. Si elle a eu le courage de t’en parler, il est très important de souligner son courage plutôt que de la culpabiliser. Réagir ainsi, c’est prendre le risque qu’elle n’en parle plus jamais à personne et soit davantage en danger.

« Tu devrais porter plainte/aller chez le médecin/le quitter » : Ces affirmations ne sont pas dénuées de sens : pour aller mieux, la victime aura sûrement à effectuer ces démarches.

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Numéros utiles

Si tu as besoin de parler des violences que tu subis au sein de ton couple, le numéro national Violences femmes information est là pour t’écouter, te soutenir et t’aider à trouver l’aide dont tu as besoin si tu en fais la demande. La ligne est ouverte du lundi au vendredi de 9h à 22h et le week end de 9h à 18h.

Violences femmes contact

Si tu es victime de viol, tu peux aussi t’adresser à des professionnelles qui t’écouteront sans jugement, de manière anonyme. Tu peux contacter par exemple Viols femmes informations dont le personnel est formé à t’écouter, te croire et te soutenir, de manière anonyme et gratuire. Si tu es victime ou menacée de mariage forcé, appelle le 01 30 31 05 05 qui pourra aussi t’aider.

Viols contact informations

Si tu es victime de harcèlement au collège ou au lycée, tu peux appeler le numéro vert (gratuit) 3020 du lundi au vendredi de 9h à 18h. Des professionnel.le.s pourront t’écouter et te conseiller.

contact harcèlement

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